Écoutez le témoignage de Janet

Je m’appelle Janet Sarfo, j’ai 25 ans et je viens du Ghana. Aînée d’une fratrie de six enfants et première de ma famille à poursuivre des études supérieures, je suis profondément motivée à laisser une empreinte significative. Ayant récemment obtenu mon diplôme en physique à l’Université Kwame Nkrumah des sciences et technologies, je suis déterminée à poursuivre mon parcours universitaire par un master en physique théorique.

Ma passion pour les sciences, et plus particulièrement pour la physique, a commencé pendant mes années de lycée. À mon arrivée à l’école, le seul manuel dont je disposais était celui de physique. J’ai commencé à l’étudier environ une semaine avant le début officiel des cours, et dès que les cours ont commencé, j’étais déjà tombée amoureuse de cette matière. J’ai tout de suite été fascinée par cette matière, et je l’ai trouvée facile à comprendre une fois qu’elle m’a été enseignée.

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Janet au CERN

Ce qui me fascine le plus dans la physique, c’est la façon dont elle répond aux questions « quoi », « pourquoi » et « comment » de l’univers.

Bien sûr, mon parcours n’a pas été sans difficultés. Dans mon pays, la physique est souvent considérée comme une matière difficile, et en tant que femme qui s’intéressait à la physique, les gens pensaient que j’étais soit exceptionnellement brillante, soit atypique. Ces idées reçues ont découragé de nombreuses femmes de s’aventurer dans cette discipline. On me posait souvent des questions telles que : « À quoi va te servir la physique ? Quelle carrière vas-tu embrasser ? » Beaucoup de gens me disaient qu’étudier la physique était un mauvais choix. À mon université, par exemple, il y avait nettement moins de femmes que d’hommes dans les cours de physique. Cependant, mon département décernait un prix Whitaker à la meilleure étudiante, ce qui a été une source de motivation pour moi. Cela m’a aidée à prendre conscience qu’être une étudiante en physique était une fierté, et m’a incitée à persévérer malgré les doutes et les difficultés.

Je suis fermement convaincue qu’il n’y a toujours pas assez de femmes de référence dans le domaine scientifique, même si la situation s’améliore progressivement. La présence de figures féminines plus visibles peut jouer un rôle déterminant pour inspirer et encourager les jeunes femmes à se lancer dans une carrière scientifique. Marie Curie est l’une des scientifiques qui m’inspire le plus. Ses travaux révolutionnaires sur la radioactivité et son dévouement sans faille à la science, malgré les nombreux obstacles auxquels elle a dû faire face en tant que femme de son époque, sont vraiment remarquables.

Être au CERN, c’était comme un rêve devenu réalité. Ce fut un immense privilège de travailler aux côtés de certains des esprits les plus brillants du domaine et d’explorer la science de pointe dans un environnement aussi prestigieux et dynamique. Cette expérience m’a permis d’apprendre, d’évoluer et d’approfondir ma passion pour la physique théorique.

À l’avenir, j’aspire à devenir physicienne théoricienne et professeure. Mon objectif est de contribuer à des recherches novatrices et de faire progresser notre compréhension de la physique fondamentale. J’espère donner l’exemple et inspirer les futures générations de scientifiques, en particulier les jeunes femmes qui envisagent une carrière dans ce domaine. Je m’engage à encourager et à accompagner les étudiants, à les aider à tracer leur chemin dans les sciences, et à leur montrer qu’avec du dévouement et de la persévérance, ils peuvent réaliser leurs rêves.

Mon conseil à toutes les jeunes filles et femmes est de suivre leur cœur et d’aimer sincèrement ce qu’elles font. N’oubliez pas que vous êtes spéciales et capables d’avoir un impact significatif.

Considérez les défis comme des occasions de grandir et continuez à croire en vous. Votre perspective unique et votre enthousiasme peuvent stimuler l’innovation et contribuer au progrès de la science.